Je suis épuisée mais je n’arrive pas à ralentir : pourquoi ?
ÉMOTIONS ET STRESSHYGIÈNE DE VIE
Audrey
9/7/2026
« Je suis épuisée… mais dès que j’ai enfin un moment pour moi, je ne sais pas quoi en faire. »
« Je sais que j’aurais besoin de souffler, mais j’ai toujours quelque chose à faire. »
« Je rêve de me poser… et quand je le fais, mon cerveau continue de tourner et je scroll sur insta... »
Si ces phrases vous parlent, vous êtes loin d’être la/le seul/e.
Il y a une forme de fatigue assez particulière : celle où l’on est épuisée, mais incapable de s’arrêter.
Le corps réclame une pause, tandis que la tête continue d’avancer.
Alors on fait encore une chose. Puis une autre. On range, on travaille, on organise, on anticipe, on répond aux messages, on pense à demain, on procrastine…
Et lorsque tout est enfin terminé, il est parfois déjà trop tard pour vraiment se reposer.
« Je n’ai pourtant rien fait aujourd’hui… »
La fatigue n’est pas toujours proportionnelle à ce que l’on a fait physiquement.
Penser, prévoir, décider, gérer, anticiper, s’adapter, prendre soin des autres… tout cela demande aussi de l’énergie.
Et certaines journées peuvent être épuisantes sans avoir été particulièrement physiques.
On peut passer des heures assise derrière un ordinateur et se sentir vidée.
On peut avoir passé sa journée à s'occuper des autres sans avoir eu une minute pour soi.
On peut même avoir eu une journée « tranquille » en apparence et ressentir malgré tout une immense fatigue.
Parce que parfois, ce qui fatigue le plus n'est pas ce que l'on fait.
C'est ce que l'on porte.
Pourquoi est-ce si difficile de s’arrêter ?
Parce que nous sommes rarement entraînés à nous arrêter. On ne nous a pas vraiment appris à ne rien faire...
Nous sommes plutôt encouragés à être efficaces, disponibles, organisés, à avancer, à ne pas perdre de temps : à faire, faire, faire, faire, ...
Même le repos peut finir par devenir une tâche à accomplir :
« Il faudrait que je médite. »
« Il faudrait que je fasse du sport. »
« Il faudrait que je prenne soin de moi. »
« Il faudrait que je dorme davantage. »
Et voilà comment même le bien-être peut devenir une nouvelle liste de choses à faire.
Alors qu’un corps fatigué n’a pas forcément besoin d’une nouvelle méthode.
Il a parfois simplement besoin qu’on lui permette de ne rien produire pendant un moment.
Quand le corps s’arrête mais que la tête continue
C’est souvent là que le paradoxe apparaît.
Vous vous allongez.
Vous avez enfin une demi-heure devant vous.
Et soudain, votre cerveau vous rappelle :
Il faut répondre à ce message.
Qu’est-ce qu’on mange ce soir ?
Je dois penser au rendez-vous de demain.
Je n’ai toujours pas fait ça.
Tiens, il faudrait aussi que je…
Et vous voilà repartie.
Ce n’est pas forcément que vous ne savez pas vous détendre.
C’est parfois simplement que votre système a pris l’habitude de rester en vigilance et en mouvement.
Alors passer brutalement de « je gère tout » à « maintenant détends-toi » n’est pas toujours aussi simple qu’on aimerait le croire.
Et si vous n’aviez pas besoin de « lâcher prise » ?
On entend beaucoup parler de lâcher prise.
Comme s’il suffisait de décider :
« Bon, maintenant je lâche prise. »
Mais si c’était aussi simple, nous le ferions tous.
Le lâcher-prise n’est pas un bouton sur lequel on appuie.
Et surtout, ralentir ne signifie pas forcément ne plus penser.
Vous pouvez avoir mille pensées et malgré tout commencer à ralentir.
Vous pouvez être fatiguée sans réussir immédiatement à vous détendre.
Vous pouvez avoir besoin de plusieurs minutes avant que votre corps comprenne qu’il n’a plus besoin d’être en mouvement.
Il n’y a rien à réussir.
Ralentir peut commencer beaucoup plus petit
On imagine parfois que prendre soin de soi nécessite une heure de yoga, une méditation de 30 minutes ou un week-end entier sans téléphone.
Mais ralentir peut être beaucoup plus simple.
C’est peut-être :
prendre trois respirations avant de répondre.
Boire son café sans regarder son téléphone.
S’allonger cinq minutes sans chercher à « rentabiliser » ce moment.
Marcher sans objectif.
Fermer les yeux.
Sentir son corps posé sur une chaise.
Prendre conscience de ses épaules.
Remarquer sa respiration.
Ou simplement se demander :
« De quoi ai-je besoin maintenant ? »
Pas demain.
Pas cette semaine.
Pas quand tout sera terminé.
Maintenant.
Et si votre corps avait besoin d’être écouté plutôt que corrigé ?
C’est une question que j’aime beaucoup poser dans mes accompagnements.
Parce que lorsque l’on est fatiguée depuis longtemps, on cherche facilement la solution.
Une nouvelle routine.
Un complément.
Une méthode.
Une application.
Une technique de relaxation.
Et toutes ces choses peuvent avoir leur place.
Mais parfois, avant de chercher à faire disparaître ce que l’on ressent, il peut être intéressant de commencer par l’écouter.
Qu’est-ce que cette fatigue raconte de votre quotidien ?
À quel moment avez-vous commencé à ne plus vous autoriser à vous arrêter ?
Est-ce que vous savez encore reconnaître ce qui vous fait réellement du bien ?
Est-ce que vous vous accordez du repos uniquement lorsque vous l’avez « mérité » ?
Est-ce que vous êtes constamment en train de répondre aux besoins des autres avant les vôtres ?
Il n’y a pas forcément une réponse immédiate.
Et il n’est pas nécessaire d’en trouver une.
Parfois, simplement commencer à observer change déjà quelque chose.
Le repos n'a pas besoin d'être mérité
Vous n’avez pas besoin d’avoir terminé votre liste de tâches.
Vous n’avez pas besoin d’avoir été productive.
Vous n’avez pas besoin d’avoir pris soin de tout le monde avant de prendre soin de vous.
Vous avez le droit de vous arrêter avant d’être complètement vidée.
Et peut-être que c’est justement là que commence une autre relation avec votre corps.
Une relation dans laquelle vous ne l’écoutez pas uniquement lorsqu’il crie.
Mais aussi lorsqu’il murmure.
Et si vous commenciez simplement par là ?
La prochaine fois que vous sentez que vous êtes épuisée mais que vous continuez malgré tout, essayez de ne pas vous demander immédiatement :
« Comment vais-je réussir à me détendre ? »
Demandez-vous plutôt :
« Qu’est-ce qui m’empêche de m’arrêter ? »
Et laissez la réponse venir.
Sans jugement.
Sans chercher tout de suite à la résoudre.
Juste pour écouter.
C’est souvent dans cet espace-là que peut commencer la reconnexion à soi.
Chez Corps en lumière
C’est aussi ce que je propose dans mes accompagnements et mes soins : créer un espace où vous n’avez, pendant un moment, rien à gérer, rien à réussir et rien à prouver.
Un espace pour ralentir.
Pour revenir aux sensations.
Pour écouter ce qui se passe en vous.
Et pour retrouver, petit à petit, ce qui vous fait réellement du bien.
Parce que prendre soin de soi ne devrait pas être une tâche supplémentaire sur votre liste.
Parfois, prendre soin de soi, c’est simplement s’autoriser à s’arrêter.
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